23 novembre 2016

Les calligraphies des Fleurs du Nord -恩返しする

Calligraphie japonaiseJ’ai commencé mon dernier roman, Les Fleurs du Nord, en 2001. Le calcul est donc facile: publié en 2016, ça m’a pris 15 ans de travail avant de le tenir entre mes mains! C’est donc un monde qui a eu le temps d’être travaillé et retravaillé. Un roman « longue durée » est particulièrement plaisant pour le développement des personnages. Comme je les ai eus en mémoire longtemps, je les connais très bien. Je les aime d’amour!

En 2002, le drame de Midori (qu’elle vous racontera elle-même dans les premières pages du roman) et l’histoire qui suivra m’ont inspiré les paroles d’une chanson. Je me souviens l’avoir écrite sur une napkin entre La Malbaie et Montréal, en pleine nuit alors qu’on roulait sur l’autoroute 40 et qu’une aurore boréale était miraculeusement visible! À l’époque, mon japonais n’était pas suffisant pour écrire directement dans cette langue et je l’avais fait traduire. En retournant à Sherbrooke pour ma dernière session universitaire à l’automne, j’avais demandé à Philippe de composer la musique. Notre première chanson, Moshimo, était née!

Il m’a donc paru très naturel d’inclure les paroles de cette chanson dans le roman. J’ai adoré mettre Midori en scène alors qu’elle préparait l’encre et le pinceau pour tracer les caractères de ce poème (pp. 149-150). J’ai donc utilisé une autre de nos chansons, My Love (le titre est en anglais, mais la chanson en japonais), dans une autre partie du roman (pp. 384 et 525). Mon héroïne, Midori, aime l’écriture pour apaiser ses émotions.

Juste avant la parution, en septembre, la deuxième correctrice m’envoie ses propositions et mentionne qu’elle ne peut vérifier le texte en japonais. Sa question en marge: « Est-ce que quelqu’un l’a fait? » m’a fait réagir. Non, personne n’avait vérifié ces textes depuis leur composition.

J’ai donc écrit un courriel à une amie de Kyoto, avec les textes en pièce jointe, pour lui demander si elle avait le temps de vérifier le japonais. Elle me répond: « Bien sûr! Puis-je te les envoyer la poste? » J’avais encore un peu de temps pour la révision, alors j’accepte, sans comprendre pourquoi elle avait besoin de m’envoyer les papiers par la poste.

Dix jours plus tard, je reçois une enveloppe. À l’intérieur, il y a les textes imprimés, avec quelques traces rouges. Et surtout, surtout, je trouve sur quatre pages sur papier de riz les textes tracés à la plume par une main experte en calligraphie, celle de mon amie Ryoko Utani. Quelle belle surprise!

J’ai numérisé les papiers. Puis j’ai demandé à mon éditrice s’il était possible de mettre ces calligraphies dans le roman, au lieu des caractères du traitement de texte. J’ai obtenu l’autorisation de Madame Utani. Et Québec Amérique a fait l’impossible, en intégrant à la dernière minute les quatre pages de cette œuvre d’art.

Comment dire « merci » à une si belle attention? Comment « retourner la faveur », un concept qui sonne si bizarre en français, mais qui existe en un seul mot en japonais sous le terme « ongaeshi » (恩返し)? Je l’ignore. Ce texte est une façon de la remercier de sa générosité.

Mais ce que je sais, c’est que je suis choyée par mes amis japonais. On me demande souvent pourquoi j’ai été attirée par ce pays. C’est une question qui me met mal à l’aise parce que, au début, j’étais en exploration et c’est que la sonorité douce de la langue qui m’a motivée à poursuivre l’apprentissage. La bonne question à me poser serait peut-être: « Pourquoi suis-je toujours si attachée à ce pays? » Comme l’illustre bien cet exemple, c’est parce que j’aime la façon japonaise de nouer des liens et de les entretenir, avec de petites attentions, de la gentillesse et la fidélité en amitié.

Et dans un monde de relations-éclair qui se brisent aussi vite qu’elles se sont nouées, ça fait un bien fou.

15 novembre 2016

Salon du livre de Montréal

Lancement Les Fleurs du NordLe lancement, au Fanamanga mercredi dernier, a permis de mettre un peu de lumière dans cette journée marquée par les élections américaines et leur résultat désastreux pour les années à venir. Dire que je suis inquiète pour ce qui nous attend sur notre petite planète serait un euphémisme... Enfin...

Cette année, j'ai eu la chance de publier deux livres: Passion Islande chez Hamac, et Les Fleurs du Nord avec Québec Amérique. C'est beaucoup de travail imprimé sur papier, ce qui fait du bien! Je vous invite à venir me dire un petit bonjour pendant mes passages au Salon du livre de Montréal.

Vendredi à 10h à Québec Amérique, stand 260
Vendredi à 14h à Septentrion (Hamac), stand 402

Samedi à 11h à Québec Amérique stand 260
Samedi à 13h30 à Septentrion (Hamac), stand 402

02 novembre 2016

Les Fleurs du Nord - Invitation au lancement

Les Fleurs du NordC'est aujourd'hui que vous retrouverez en librairie Les Fleurs du Nord! Il est magnifique, je suis tellement contente! Le Japon m'a inspiré, tout comme l'avaient fait auparavant Passion Japon, Le pari impossible des Japonaises et Les découvertes de Papille au Japon. Mais c'est la première fois que j'ose écrire une fiction à saveur japonaise. C'est donc à la fois effrayant et excitant!

J'adore la couverture. J'ai la chance d'avoir un éditeur qui respecte beaucoup ses auteurs. J'ai eu plusieurs propositions, mais j'ai eu un coup de foudre pour celle-ci. Déjà, la femme qui y figure raconte une histoire. Dès la première page du livre, vous en apprendrez plus pour elle. Voici le résumé du roman:

Sur une île aux allures japonaises, la famille Kagi gouverne les monts Sounkyô de génération en génération. Dernier héritier du pouvoir du feu, Tatsuké tente de préserver la paix en faisant la guerre. Mais l’amour pour une femme forte, combattante et guérisseuse, venue d’un pays lointain, chamboule son destin. Au fil de trois chroniques, le désir et les combats déchirent la famille Kagi. Combinant romantisme, action et exotisme, le roman présente des femmes qui osent secouer les normes et les grands hommes qui les épaulent. Ruse, magie et savoir sont mis à profit dans un climat évoquant l’univers du manga.

Le lancement aura lieu un peu plus tard, le mercredi 9 novembre, à la nouvelle adresse du Fanamanga, un lieu très prisé de Québec! Vous êtes bien sûr tous les bienvenus, et ne vous gênez pour vous habiller à la japonaise ou en cosplay: j'aime les événements colorés! Au plaisir de vous rencontrer là-bas!

Lancement Les Fleurs du Nord



Finalement, j'en profite pour partager la bande-annonce du roman. Sur la musique de mon amoureux, j'ai utilisé les images de notre dernier séjour au nord du Japon, sur l'île de Hokkaidô. Le parc Daisetsuzan et le mont Kurodaké m'ont beaucoup inspirée pour Les Fleurs du Nord.

11 septembre 2016

Concert live - Passion Japon

Samedi le 10 septembre, en direct de la Bijouterie Zimmerman à Québec, nous avons offert un concert live sur Internet. Grâce à leur superbe piano à queue, vêtue d'un yukata reçu en cadeau d'une amie japonaise, nous avons ouvert l'automne avec quelques mélodies tirées de nos compositions et de chansons connues! Pour voir ce concert, la vidéo est disponible:

19 juillet 2016

Japon, des vacances inoubliables

C'est l'été et quand les gens se rencontrent, ils se posent souvent cette question: "T'as prévu des vacances bientôt?" J'espère que vous faites partie de ceux qui lâchent prise et qui "partent"! Ça n'a pas besoin d'être à l'autre bout du monde: faire de sa maison un lieu de repos, ça peut être très amusant aussi.

Ma réponse est un peu plate: je passe l'été à travailler. Mais ce n'est pas triste. J'ai déjà pris mes vacances. Après tout, je suis partie un mois au Japon, en avril. Je déteste Kyoto l'été. C'est tellement chaud et humide. Et je suis une fille qui aime l'hiver, alors vous imaginez mon inconfort! ;)

Sur ce, je partage avec vous notre vidéo de vacances au Japon. Sur une musique au piano de mon amoureux, voici des images de notre aventure à Kyoto sous les cerisiers. Un beau mois de rencontres et de partages avec nos amis. Un voyage qui a surpassé toutes mes attentes!

Bonnes vacances à vous aussi!

02 mai 2016

D’Arashiyama à Lévis



Voici le video de Watashi wa hitori, notre composition où nous avons mélangé des images du Québec en mars et du Japon en avril. J’ai mis des sous-titres pour rendre la compréhension plus facile. :)

Au revoir Japon de LéoLe matin du 22 avril, nous avons bien dormi, ce qui a fait toute une différence avec notre départ du Québec, en plein milieu de la nuit. J’ai visité la gare de Saga-Arashiyama en vélo pour acheter des pastilles pour Léo. J’en ai profité pour faire un court vidéo des montagnes encore couvertes de brume matinale. Je laisserai encore une fois une partie de coeur à Arashiyama que je retrouverai quand je voyagerai dans mes souvenirs. Avoir vécu dans un autre pays est une richesse, mais c'est aussi une déchirure qui nous oblige à laisser de côté l'un ou l'autre des pays.



Au revoir Japon d’ÉmiOn a déjeuné une dernière fois sur nos tatamis, puis le mari de Makiko est venu nous chercher en voiture pour nous amener à la gare de Kyoto où nous avons rejoint Makiko et sa belle-maman qui nous ont aidé à transporter les valises avant de nous faire leur au revoir à la porte du shinkansen vers Tokyo. Nous voilà déjà, deux heures plus tard, à Shinagawa (banlieue de Tokyo), dans le taxi vers l’aéroport.

Parc pour enfants à HanedaÀ Haneda, près de notre porte d’embarquement, il y avait un parc pour les enfants. L’attente fut trop courte et les enfants ont dormi deux fois dans l’avion (les adultes un peu moins, veillant sur le bébé sur nos genoux). Ce fut donc un peu moins pénible que le voyage Toronto-Tokyo. On est arrivé à Toronto une heure avant notre décollage de Tokyo, toujours le 22 avril! On a rencontré un Québécois qui revenait aussi du Japon et retourne à Québec comme nous. On a discuté et soupé, le temps a passé vite. À l’arrivée, à l’aéroport de Québec, avec nos dix valises, des amis nous attendaient avec notre voiture et la leur pour réussir à ramener tout cela. On est entré dans notre appartement, il était minuit trente.

Famille sous les cerisiers d’ArashiyamaCe fut un voyage fort différent de nos précédentes aventures. Ce séjour d’un mois à Kyoto fut rempli de chaleur humaine, de rencontres, de liens qui se forment et se solidifient. En japonais, on dit des « kizuna » (絆). Ce fut Noël pendant un mois: des repas délicieux, des sorties, des discussions, des rires. Un moment hors de la routine, des vacances sans aucun doute, mais surtout d’émouvantes retrouvailles. Nos enfants ont rencontré les enfants de nos amis. Léo a appris quelques notions de japonais en plus de toujours trouver le moyen de se faire comprendre des autres. Émi a fait grandir son agilité sur les tatamis et les planchers de bois des temples millénaires.

Après un voyage pareil, comment ne pas croire que l’humanité est capable du meilleur?
Merci. ありがとうございました。また京都に帰りたいです。

21 avril 2016

Remerciements au Imamiya-jinja et shichi-go-san de Léo

Imamiya-jinjaEn 2010, j’habitais à deux pas du Imamiya-jinja, un très vieux sanctuaire shinto. Je suis souvent allée me régaler des aburi-mochis, des petites pâtisseries servies par les mêmes magasins depuis presque un millénaire. Ce petit sanctuaire tranquille est réputé pour réaliser les vœux. Alors j’y avais amené Philippe lorsqu’il est venu me rejoindre en juin 2010. Il avait soulevé la pierre une première fois, puis l’avait posée avant de faire son vœu, puis l’avait reprise pour vérifier si elle était plus lourde (le vœu ne se réaliserait pas) ou plus légère (donc le vœu serait accordé). Son vœu a été réalisé: le petit Léo était là debout avec nous! Nous sommes donc allés à la pierre pour remercier le dieu, puis nous avons fait d’autres vœux! ;) Nous n’avons pas pu goûter aux fameux aburi-mochis, les mercredis étant la journée de congé! Ah! Nous devrons revenir au Japon juste pour ça!

Daitoku-jiNous avons aussi visité l’un des pavillons du Daitoku-ji, un grand complexe de plusieurs temples bouddhistes qui n’ouvrent pas tous au même moment de l’année. C’est tout près, je m’y promenais souvent aussi en 2010, j’y passais en vélo ou à pied, pour dire bonjour aux chats de gouttière qui y trainaient et qui n’étaient pas là le jour de notre passage.

Pour le diner, nous avons rejoint nos amis avec lesquels nous avions visité le zoo de Kyoto, deux semaines auparavant. Ils nous avaient invités à manger chez eux. Dans une tour qui offrait une superbe vue sur Kyoto, Léo a Émi sur le pianodécouvert les jouets du petit Joi, alors qu’Émi apprenait à glisser dans le mini-toboggan et qu’elle pianotait avec bonheur. C’était très drôle, elle ressemblait encore plus à son père quand il est debout devant son piano! Nous avons donc mangé tous ensemble des takoyakis, dans les rires et le bonheur, avant de repartir à la maison pour boucler les dernières valises et prendre les bains.

Aujourd'hui, veille de notre départ, nous avons rejoint la famille de Makiko, celle qui nous a accueillis à l’arrivée, avec qui nous avons visité l’aquarium et chez qui nous sommes allés nous amuser souvent. Elle nous accueillait pour un festin. En après-midi, nous sommes sortis pour célébrer le shichi-go-san (七五三) de Léo, ce qui signifie littéralement le 7-5-3. Habituellement soulignée en novembre, les filles de 3 ans, les garçons de 5 ans et Festin de Makikoles filles de 7 ans sont invités à visiter le sanctuaire shinto. Lors de l’époque Heian, les garçons se rasaient la tête à la façon samouraï à trois ans, puis ils avaient le droit de porter le hakama (habit traditionnel) à 5 ans, et les filles pouvaient attacher le kimono avec le obi dès l’âge de 7 ans. Aujourd’hui, on les bénit au sanctuaire pour leur souhaiter une bonne santé et une longue vie.

Shichi-go-san de LéoN’étant pas à la bonne période de l’année, Léo n’a pas visité le sanctuaire (quoique notre visite au Imamiya-jinja est à mon sens significative). Mais il a pu prendre la photo officielle que nous recevrons bientôt à la maison. Émi aussi a été revêtue d’un mini-kimono pour la photo de famille. Nous aurons une belle photo du petit Léo et de la famille. Les beaux-parents de Makiko (que nous connaissons bien puisqu’ils sont venus rencontrer Émi au 4e jour de sa naissance, au Québec) étaient avec nous, et ce fut une séance pleine de joie, illuminée par le sourire de Léo vêtu de magnifiques hakama et haori (veste sur le hakama).

19 avril 2016

Le sanctuaire aux 30 000 torii

Pousses de bambousLes fleurs de cerisiers ne sont plus, mais cela signifie aussi que les feuilles des arbres sont sorties. Les gingkos bilobas (appelés « itchoo » au Japon) embellissent les rues principales, les azalées ont commencé à nous éblouir de couleur et les bébés-bambous sont rendus tellement grands qu’ils ne pourront plus en vendre à l’épicerie (on ne peut manger que la pousse hâtive). Nous sommes les seuls à porter des chandails à manches courtes, mais c’est qu’au Japon on respecte les règles et on ne met pas de t-shirts avant l’arrivée officielle de l’été, le 20 juin! Tandis qu’au Québec, on apprend vite à s’adapter à la température, peu importe la date: on sait trop bien à quel point on ne peut se fier aux saisons! Je mentionne toutefois que, d’après mes observations, Fushimi-inariHokkaido, l’île nordique japonaise, est plus souple sur cette règle officieuse et s’adapte, comme le Québec, au temps qu’il fait dehors.

Au fil de nos excursions, nous croisons parfois des étrangers avec qui nous discutons. Dans le train nous menant à la maison, au début du voyage, nous avons rencontré Guillaume, un Français en visite au Japon, et lorsqu’il est repassé à Kyoto, il nous a contactés pour qu’on sorte ensemble. Nous avons donc retrouvés Guillaume et ses amis au Fushimi-inari, le sanctuaire aux 30 000 torii, dédié au dieu-renard Inari. Pour obtenir les faveurs du dieu shinto, vous pouvez faire un don de 2000 à 15 000 dollars et voir votre nom gravé sur l’un des torii, les fameuses portes rouges qui couvrent le sentier de la montagne. J’ai réalisé un court vidéo à l’entrée du temple principal :



Léo prend des photosLéo a eu beaucoup de bonheur à courir sous les portes rouges, tandis qu’Émi se faisait porter en sac à dos dans les sentiers. Guillaume a passé son appareil-photo au petit garçon de 5 ans qui s’amusait à immortaliser tout ce qu’il croisait. Une nouvelle passion pour Léo!

Après diner, j’ai laissé la petite famille rentrer à la maison ensemble et je suis allée rencontrer Mariko Konishi, une chercheuse ayant fait un stage à Montréal, et dont j’avais lu un texte scientifique fort intéressant dans ce livre où elle comparait le « care » (prendre soin) et l’amae japonais. C’est la deuxième fois que je rencontre un chercheur lors de ce voyage au Japon. Je suis également allée à l’Université de Kyoto pour discuter avec Nicolas Tajan, qui étudie les hikikomoris (des gens qui s’isolent complètement et ne sortent plus de leur chambre pendant plusieurs années). Ces rencontres m’ont beaucoup appris et me permettent de poursuivre ma réflexion pour la rédaction de ma thèse et/ou de futurs articles scientifiques!

16 avril 2016

Les fleurs n'empêchent pas les larmes

Le 10 avril, j'ai vécu mon premier séisme au Japon . Il était 1h22, je me suis réveillée juste avant. J'ai tout de suite su que c'était un petit tremblement de terre et non pas un train qui passait. Je viens de Charlevoix après tout, zone sismique la plus active de l’est du Canada , et lorsque j’y habitais, j’en vivais régulièrement . Notre petite maison traditionnelle tremblait de partout. J'ai réveillé Philippe, mais déjà, le tremblement de terre s’achevait. Qu'à cela ne tienne, 20 minutes plus tard, il y en avait un deuxième moins fort que le premier. Ah que c'est effrayant pareil!

Le 14 avril, à 21h26, un tremblement de terre majeur a fait trembler la région de Kumamoto, sur l'île de Kyushu, au sud du Japon. Il a été suivi de plusieurs autres, comme vous le verrez sur ce site japonais qui recense la météo et les séismes. J'ai sélectionné pour vous les tremblements qui dépassent le "shindo" (le ressenti à la surface) de plus de 6 (très fort). Vous verrez facilement que depuis le 14, plusieurs autres tremblements de terre majeurs ont eu lieu à Kyushu. Pour ceux qui aimeraient faire un don pour les réfugiés de ce tremblement de terre, consultez cette page du Consulat général du Japon.

Il est normal qu’après un gros séisme, la terre continue de vibrer et de s’ajuster. C’est comme quand on se tourne dans son lit: on bouge encore après pour ajuster nos draps, notre pyjama, se gratter le nez, etc. Après le tremblement dramatique du 11 mars 2011, la terre a pris beaucoup de temps avant de s’ajuster, comme on peut bien le voir avec ce montage effrayant :



Ici, à Kyoto, au coeur de l'île principale, nous n'avons rien ressenti. Quand je me suis levée, le 15 au matin (donc le 14 au soir pour vous), aucun site québécois ne parlait des tremblements de terre à Kyushu et des 49 morts, des mille blessés et des 37 000 déplacés. J'ai trouvé un article sur Radio-Canada, mais c'était parce que je cherchais! Je n'avais donc pas reçu de courriels d'inquiétudes de mes amis et familles! Sauf de mon père qui écoute TV5! Mais les tremblements de terre se succédant, 24 heures plus tard, le Québec était mis au courant de la situation. J'ai une amie à Fukuoka (ville principale de Kyushu) qui va bien aussi et qui me disait que ça bouge beaucoup depuis le 14, c'est très inquiétant.

En discutant avec mes amis suite à cet événement, j’ai réalisé que ce que les Japonais redoutent le plus est le séisme appréhendé du Tokai, le « Big One ». L’Agence météorologique japonaise s’attend à ce que ce tremblement de terre estimé à une magnitude 8 frappe d’ici 2040, autour de la capitale Tokyo. C’est la réalité d’une vie sur un pays au confluent de quatre plaques tectoniques. Pour éviter les catastrophes, les normes de construction sont très sévères, les exercices d’évacuation sont réguliers et tous les cellulaires sont équipés d’une alerte capable de détecter les ondes P pour donner quelques secondes d’avertissement avant l’arrivée imminente des ondes S, les plus destructrices. Toute cette préparation explique pourquoi on dénombre tout de même peu de victimes pour cette suite de tremblements de terre, surtout si l’on compare avec le séisme de force similaire ayant touché l’Équateur aujourd’hui.

Produits KumamonCette situation m'a fait réaliser que je connaissais mal ma géographie japonaise. En apprenant la langue japonaise, j’ai bien sûr glané quelques éléments de géographie et d'histoire. Mais je n’avais appris l’existence de Kumamoto-ken que depuis quelques jours, ayant une fascination pour la mascotte de cette préfecture, Kumamon, présente sur toutes sortes de produits. Si en 2006, je croisais des Hello Kitty partout; qu’en 2010, c’était la folie pour Stitch à toutes les sauces, cette année, Kumamon me suivait jusqu’à l’épicerie puisque cette région est reconnue pour ses produits agricoles. Mes fraises étaient étiquetées d’un petit ours Kumamon!

Livre régions japonaisesIl est temps de m’instruire. Je suis donc allée à la librairie avec Léo en expliquant que je cherchais un livre pour enfants expliquant les préfectures japonaises. J'en ai trouvé un pour les 6 ans et plus, c'est-à-dire parfait pour moi puisque je suis capable de le lire et les explications ne sont pas trop complexes! Je vais étudier cela avec plaisir.

13 avril 2016

La foule se masse autour des derniers cerisiers

BiwakoOn commence à porter des manteaux plus légers et des manches courtes. On a eu de beaux 24 degrés cette semaine. Émi a eu deux jours de congé de sorties, ayant manqué plusieurs siestes d'après-midi et étant très fatiguée. Deux grosses dents sont sorties depuis notre arrivée au Japon, alors ça fait beaucoup pour une petite fille d'un an et demie! Je suis donc allée seule avec Léo à Ôtsu pour cueillir des fraises et écouter un concert de musique pour enfants. Le lac Biwa, le plus grand lac du Japon, était d’un bleu à couper le souffle cette journée-là. Le vent lui donnait des airs de petite mer…

Ninna-jiNous avons visité deux temples, dont le superbe Ninna-ji avec ses cerisiers tardifs. C’est un temple que Philippe et moi avions visité juste avant notre départ, en décembre 2006. Je me souviens qu’il n’y avait personne, on était en plein début d’hiver, et la pagode de cinq étages, équivalente à celle du Tôji, un des symboles de Kyoto, était très jolie sous la lumière blanche du soleil hivernal. J’étais retournée au Ninna-ji en 2010, avec une amie japonaise, pour admirer le jardin en pleine floraison. Comme c’est l’un des rares endroits où on a réuni autant de cerisiers tardifs, la foule qui a manqué la floraison des premiers se réunit ici pour marcher sur les trottoirs de bois. Avec les enfants, nous sommes donc arrivés très tôt…mais c’était plein pareil! La pagode a beaucoup impressionné Léo, puis nous sommes retournés à la maison par notre petit tramway, le Randen.



Fraises dans la machiyaCe matin, il pleut, alors on passe la journée à la maison et on donne les bains. On reçoit des amis à manger aussi! C’est une chose fascinante de penser que nous pouvons recevoir à la maison. En quatre semaines, nous aurons invité au moins quatre fois des personnes à manger avec nous, dans notre petit salon sur tatami. Et je ne compte pas le nombre de fois où on nous a invités au restaurant et chez des amis! Ce voyage est rempli de rencontres. Comme Léo commence à connaître les gens que nous voyons et revoyons, il s'amuse encore plus. Il dit de plus en plus de mots en japonais et il me demande souvent comme on dit telle ou telle chose.